BILAN NATIONAL DES TRAVAUX ACADÉMIQUES MUTUALISÉS 2019-2020 en Lettres

Comment favoriser l'appropriation littéraire avec le numérique ?

Il s’agissait de s’interroger sur la manière dont les usages et pratiques permis par le numérique, comme outil et/ou comme milieu, pouvaient permettent de construire chez les élèves une appropriation vivante, continue et personnelle des œuvres, de la culture littéraire, de l’histoire littéraire, de la grammaire, du lexique,de compétences socio-comportementales et civiques. La proposition invitait à proposer des scénarios en lien avec le collège, le lycée général, technologique et professionnel et à explorer plus particulièrement les possibilités offertes par le numérique pour mettre en œuvre les écrits d’appropriation.

Ainsi les six contributeurs de l'Académie d'Orléans-Tours ont travaillé les problématiques liées à l'appropriation littéraire à partir de trois gestes de production :

=> La communication(en lien avec les formes médiatiques contemporaines de la presse littéraire, de la radio, de la télévision et des book-trailersbande-annonce de livres)

=> La transposition(en lien avec d’autres formes artistiques comme la BD, la musique, la scénographie ou avec des partenaires culturels)

=> Et enfin avec l’interprétation, conçue comme un geste interprétatif ouvert et non comme une forme rhétorique close.

Le travail de l’ Académie de Rennes se place résolument dans l’expérimentation en travaillant la question vive des traces numériques après notre mort.Il propose d’appliquer aux personnages de fiction, une pratique qui tend à se développer sur le Web, celle du tombeau numérique. La littérature comme objet culturel interroge ces domaines depuis longtemps avec la notion d’appropriation des œuvres: celle de la réécriture, de la transposition mais aussi du plagiat, de l’atteinte à la vie privée dans le roman à clefs, etc. Sur un blog, lui-même trace des travaux des élèves des années précédentes, les élèves génèrent des traces des personnages sur la toile: oraison funèbre, lettre, confession, image, testament, photo de la tombe et de l’épitaphe, témoignages de proches portés lors des obsèques ou publiés en ligne (« Je me souviens » polyphonique, florilège de phrases gardées dans la mémoire, morceaux de musique choisis pour la cérémonie ou joués pour lui, poème écrit ou lu en hommage, cagnotte lancée en ligne pour récupérer des fonds afin de payer les obsèques, aider les descendants, financer un projet qui tenait à cœur au personnage ou soutenir matériellement ses victimes...)... mais aussi des traces plus quotidiennes (publications Instagram, vidéos regardées sur YouTube, playlist de morceaux écoutés sur Spotify, achats sur un site de vente, historique de recherches sur Google, enregistrements audio sur smartphones ...).

Le projet expérimenté dans l'académie de Strasbourg a consisté à promouvoir l’intégration du numérique en cours de lettres en mettant à disposition des enseignants un environnement numérique d’écriture structuré permettant aux élèves de s’approprier les textes littéraires.Pour cela, un environnement numérique permettant aux enseignants et aux élèves de créer un journal de lecture a été mis en place au sein de l'ENT académique Moodle.Le groupe TraAM a structuré  son outil autour des acquis de la recherche sur le journal de lecture pour fournir un étayage à sept stratégies de lecture: prédire, se questionner, ressentir, visualiser, découvrir, faire des liens, juger. L’objectif est à former un lecteur apte à questionner sa lecture, en faisant preuve d’autonomie, dans une langue nuancée et correcte.L’outil a été expérimenté en classe de seconde pendant un an. La ressource produite est accompagnée de pistes d’utilisation et de tutoriels.

Comment renforcer la maitrise de la langue du collège au lycée en proposant la création de BOT littéraires ?

Un bot est un programme informatique conçu pour répéter une tâche automatisée. Il génère des phrases à partir d’éléments invariables et d’éléments variables (listes de mots ou de groupes de mots) listés par les élèves.Ce projet est d’abord né de l’envie de faire découvrir aux élèves le fonctionnement des publications automatisées, sur les traces de l’Oulipo à l’heure du code informatique via Twitter et des outils simples permettant de créer de tels programmes. Le travail mené dans les trois académies a conduit à parcourir des nombreux textes littéraires, à travailler sur le lexique, l’acceptabilité en langue et enfin un projet avec des collégiens d’autres académies.Les élèves ont fabriqué des banques de mots et choisi des structures syntaxiques pour former des phrases ou des textes (mini-portraits, micro-récits, haïkus, etc.). Ces structures ont été choisies en analysant la langue d’un auteur (à la manière de...). À partir de là, le bot crée des associations aléatoires.Les élèves affinent les variables (conjugaison, rythme, etc.) jusqu’à ce que la production soit cohérente et validée par la classe et l’enseignant.Dans un second temps,certaines classes se sont rassemblées en ligne afin de créer ensemble des listes de variables pour nourrir des vers à l’occasion du centenaire d’Apollinaire #ApollinR18 et du Printemps des Poètes 2020 sur le thème du courage. Le projet se poursuit pour l’année 2020-2021.

Les productions sont à retrouver sur : https://twitter.com/TraamL

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Publié le 14/12/2020
Modifié le 14/12/2020