De nos TL, A nos TL

De nos TL : quelques travaux sans filtre, trace de leur créativité, de leur rapport au monde, toujours vif et vivant, de leur goût du partage...

A nos TL : bonne route, que la littérature vous accompagne et vous nourrisse, toujours, repère, évasion et refuge. Merci pour ce chemin partagé.

Lettres à la littérature

Lettre à la littérature

Si je prends la liberté de vous écrire comme j’ai pris celle de vous aimer,

Si je prends la liberté de vous dire que parfois vous m’avez ennuyé,

Si je prends la liberté de vous annoncer que vous m’avez permis de développer ma pensée,

Si je prends la liberté de vous communiquer que vous m’avez fait croire en mes capacités,

Si je prends la liberté de vous crier que même si vous pouvez parfois blesser vous pouvez aussi faire preuve de beauté,

Si je prends la liberté de vous blâmer de tous mes ressentis,

C’est bien car vous m’avez fortement intéressée.

Nina Rodrigues De Campos, TL du lycée Mounier

 

Ma chère,


Si je prends la liberté de vous écrire comme j’ai pris celle de vous aimer, c’est que je considère que nous avons suffisamment vécu de choses ensemble pour que nous soyons assez intimes, vous et moi.
Ça a commencé lorsque Zola m’a contrainte à étudier ses textes soporifiques. Je m’étalais sur mon bureau d’école comme un chat au soleil, le ventre plein de rat mort. Je jetais un coup d’œil rapide de temps en temps sur les pages de
Nana ou Au bonheur des dames. Puis vous avez décidé de me punir de mon indifférence. De saisir mes tripes, mon cœur, l’entièreté de ma viande et de les serrer avec vos grandes mains froides : la mort de Nana. J’ai dû vraiment vous froisser pour que me forciez à regarder ça les yeux grand ouverts. Le visage de la prostituée, rond et doux comme une pêche explosait dans un feu d’artifice de chair et de pus. C’était une bonne leçon de vie, après tout, c’est à ce moment-là que j’ai compris. J’ai compris que peu importe la forme que vous prenez, je vous aime. Notre rencontre avant la lecture de ce passage était primaire. C’est grâce à lui que je vous ai touchée, palpée, mordue à pleine dent. Vous m’avez convaincue de m’ouvrir à d’autres genres et d’autres auteurs, je suis sortie de mes habitudes. Vous m’avez possédée, j’ai commencé à lire fiévreusement. Je me souviens encore d’à quel point vous avez biaisé mes sens lorsque je lisais Le Chant du monde. J’avais senti l’herbe humide, la rosée mouiller mes jambes sous une vieille jupe de toile dégoûtante et une odeur de forêt remplir mes narines. C’est comme ça à chaque fois que je lis un passage qui me plaît. Je le souligne et l’apprends par cœur, c’est ma façon de vous diviniser, une sorte de culte que vous voue. Cet exercice, que je m’applique à faire régulièrement, est comme baiser vos pieds, frapper mon front contre le sol en vous hurlant que je vous adore comme on adorerait la plus grande des déesses olympiennes. Et à ce titre, vous êtes les dernières lèvres que j’embrasse avant de m’endormir.

Déborah Charrin, TL du lycée Mounier

Belle littérature,

Si je prends aujourd’hui cette liberté de vous écrire comme j’ai pris celle de vous aimer, c’est qu’il le fallait. Vous avez ce talent permettant d’exprimer ce que la parole ne pourrait faire et je vous en remercie. On s’est servis de vous, on le fait aujourd'hui et j’espère qu’on le fera encore plus tard. Cependant il reste à préciser que vous jouez aussi avec nous et plus particulièrement avec nos émotions. Vous nous procurez de la joie, de la tranquillité, de l’affection, de la curiosité et j’en passe bien évidemment mais ça serait mentir si je disais que vous ne nous causez pas du dégoût, de la colère, de la tristesse, de la peur… J’espère ne pas trop vous blesser mais tout cela reste votre véritable identité. Il faut que vous soyez fière de vous ! Vous traversez le temps et pourtant vous êtes toujours rayonnante, toujours intéressante : Ne vieillissez vous donc jamais ? Beaucoup de personnes, avec des personnalités très différentes, ont pris plaisir à discuter avec vous. Victor Hugo, Émile Zola, Racine, Arthur Rimbaud, Jean Paul Sartre, George Sand, Madame de Scudéry… Vous en connaissez du monde et si je voulais réellement faire une liste de toutes vos connaissances je ne m'arrêterais plus, croyez moi. J’ai pris plaisir à vous étudier ces deux dernières années mais je suis sûre qu’il me reste énormément de chose à apprendre sur vous. Sachez que je ne vous quitte pas puisque nous aurons encore beaucoup de chemin à parcourir ensemble. Prenez bien soin de vous d’ici là.

Votre jeune amie...Mouna Bennour, du lycée Mounier de Grenoble

Lettre à mon amie la Littérature


 

Si je prends aujourd'hui cette liberté de vous écrire comme j'ai pris celle de vous aimer, c’est pour vous remercier d’exister.

Oh ! divine compagne, nous avons vous et moi fait un si beau chemin. Je me souviens de ma plus tendre enfance, lorsque, blotti dans mon lit, je dévorais vos petites histoires, le soir avant de me coucher. Tout me paraissait dès lors bien dérisoire, rien ne pouvait m’arracher de vos bras si réconfortants. Il me semble qu’à cet instant, j’ai su que nous étions faits pour nous entendre, mon amie ! Et depuis, je ne vous ai jamais quittée. Ah ! quel bon choix ai-je fait ! Vous m’offrez de si beaux moments quand le doute, la tristesse, la peur s’emparent de moi. Il me suffit d’ouvrir la page d’un de vos meilleurs romans pour que tout autour de moi s’évanouisse et que je disparaisse vers de meilleures heures. Je ne sais retrouver nulle part ailleurs les sensations que vous me procurez – vos mots m’ont fait rire, pleurer, frissonner, voyager, vibrer, et parfois tout à la fois – et c’est pour cela que je reviens inlassablement à vous.

Je ne pourrais assez vous remercier d’avoir le don – et quel don ! – de réunir les hommes dans une période où prime l’amour-propre, vous, unique rempart face à l’égoïsme et à la solitude. Vous avez mis sur mon chemin de si belles personnes ! À vos côtés, j’ai fait la rencontre d’auteurs, de professeurs, de camarades, d’amis qui ont marqué ma vie et que je n’oublierai jamais. C’est à vos côtés que j’ai vécu mes plus belles années, c’est à vos côtés que j’ai tant appris et que je continue d’apprendre chaque jour.

Aujourd’hui, on tente de vous affaiblir, de toutes parts on vous attaque, on coupe vos ailes et restreint vos libertés. On nous dit que la science doit primer : la rigueur et la sévérité d’une discipline inflexible et froide auraient-elles plus de légitimité que le charme et le lyrisme de votre envoûtante éloquence ? Un monde sans poésie est un monde privé de son âme et de son cœur. Cependant je suis certain que vous saurez vous remettre de cette vile attaque, que vous avez les armes pour continuer de passionner toutes les âmes en quête d’évasion. L’encre ne s’arrêtera pas de couler de sitôt !

Mon amie la Littérature, je vous dis merci, et à très vite !


 

Nicolas Martinet, Lycée du Grésivaudan de Meylan.

Tout d’abord, j’ai beaucoup hésité entre ES et L lorsque j’étais en seconde. J’entendais beaucoup de préjugés sur cette filière, notamment par rapport aux débouchés restreints. J’ai finalement décidé d’aller où je réussirai le mieux, et je ne regrette pas, loin de là !

Lors de ces deux années, j’ai pu étudier le français et la philosophie, deux matières qui m’ont passionnée. J’ai aussi beaucoup progressé en anglais, une langue que j’apprécie beaucoup.

Nous avons eu également des cours de sciences en première : j’aurais aimé qu’ils continuent en terminale, j’appréciai le fait qu’on ait à la fois des lettres et des matières plus scientifiques.

En deux ans de cours, j’ai réfléchi sur des sujets intéressants et variés et j’ai beaucoup grandi.

J’ai eu l’occasion d’aller voir des spectacles au théâtre, ce qui était très ludique, et m’a ouverte à cet art qui n’est d’habitude pas celui qui me touche le plus.

Je pense notamment à la pièce  Tous des oiseaux  mise en scène par Wadji Mouawad, qui m’a tellement marquée que j’ai ensuite eu envie de la lire. D’ailleurs j’ai beaucoup lu, surtout en première lorsque nous préparions le bac de français. J’ai ainsi découvert La Peste de Camus, dont l’analyse a été très enrichissante. La littérature anglaise a aussi été une belle découverte qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire et lire de réels textes dans cette langue.

Cette lettre est courte car plus que la filière, ce sont les expériences que j’ai vécues ces deux dernières années qui m’ont le plus fait grandir. Je pense notamment à mon stage en entreprise effectué à Londres dans une école d’Art. Je pense que le fait que j’ai eu beaucoup d’anglais en cours m’a fortement aidée à être à l’aise pour communiquer et ainsi profiter pleinement de cette expérience. Nous sommes également partis en voyage scolaire à Berlin sur les traces du génocide Juif. Un souvenir qui me restera : la visite des prisons de la Stasi. Ce que j’ai le plus apprécié c’est que les professeurs avaient à coeur de nous faire vivre des expériences en plus de nous transmettre des connaissances.

Pour résumer : étudier dans cette filière m’a ouvert l’esprit. J’ai appris à voir au-delà des mots, à décrypter et analyser un texte pour mieux le comprendre. Je me suis posée beaucoup de questions et ai trouvé des réponses à certaines. Je suis sortie de ma zone de confort à de nombreuses reprises, notamment à l’oral.

Mais finalement, c’est surtout le fait de choisir cette filière qui a été le plus important.

Cela m’a appris à écouter mes envies et à exploiter pleinement mon potentiel.

Sincèrement,

Mila RUNTZ –

MEYLAN

Espacement

 

Adaptation de La Princesse de Montpensier
Fichier
Espacement

 

Création de couvertures
Thumbnail
Thumbnail
Thumbnail
Thumbnail
Espacement

 

Padlet des TL du lycée Monge

 

Fait avec Padlet
Une bande-dessinée sur la filière L
Fichier
Page des TL du lycée Philibert Delorme (cliquez sur l'image)
Espacement

 

Allégorie de la littérature
Thumbnail