L'édition 2025-2026 du Rendez-vous des Lettres a mis à l'honneur le lexique. Nous vous proposons une restitution des interventions de chercheurs et des tables rondes.

Pourquoi enseigner explicitement le lexique ?

Les différentes interventions ont rappelé un consensus scientifique fort : la maîtrise du lexique constitue l’un des meilleurs prédicteurs de la réussite scolaire. Elle conditionne l’accès à la lecture, à l’écriture, à l’oral et plus largement aux savoirs disciplinaires. Les évaluations nationales mettent en évidence des fragilités importantes ainsi que de fortes disparités selon les profils d’élèves.    

Le lexique est ainsi présenté comme un levier majeur de réduction des inégalités scolaires et de construction de la pensée.  

Anne Sardier : le lexique comme système de relations

La conférence inaugurale d’Anne Sardier a montré que les mots ne s’apprennent jamais isolément mais au sein d’un système organisé de relations.

Quelques idées fortes :

  • le lexique se construit par catégorisations et associations ;
  • les mots sont mémorisés dans des structures syntaxiques et des expressions ;
  • les élèves doivent apprendre à établir des liens entre les mots plutôt qu’à accumuler des définitions ;
  • la compréhension des mots inconnus repose sur des stratégies explicites d’inférence.  

Ses travaux mettent particulièrement en avant :

  • la discussion lexicale ;
  • les « mots-amis » ;
  • l’explicitation des stratégies de compréhension ;
  • l’entrée dans les textes par le vocabulaire.  

Alex de Carvalho : mémoriser durablement les mots

La conférence d’Alex de Carvalho a porté sur les mécanismes de mémorisation.

L’apprentissage du vocabulaire ne peut être durable sans réactivation régulière. Les recherches en psychologie cognitive soulignent notamment l’intérêt :

  • de la récupération espacée ;
  • des tests fréquents ;
  • du réemploi en contexte ;
  • de l’engagement actif des élèves ;
  • des associations entre les mots et les connaissances déjà acquises.    

La mémorisation est plus efficace lorsque les élèves utilisent les mots, les expliquent, les réemploient et les relient à d’autres connaissances.  

Enseigner le lexique : une responsabilité collective

Les tables rondes ont souligné que le travail lexical ne relève pas du seul cours de français.

Le lexique :

  • soutient tous les apprentissages ;
  • nécessite une approche interdisciplinaire ;
  • gagne à être travaillé dans une progression cohérente à l’échelle de l’établissement ;
  • peut faire l’objet d’outils communs et de stratégies partagées.  

L’exemple de l’académie de Strasbourg montre l’intérêt d’une démarche collective fondée sur cinq principes :

  • anticiper ;
  • être précis ;
  • faire formuler des hypothèses ;
  • organiser la collecte et la catégorisation ;
  • favoriser le réemploi.  

Les nouveaux programmes : un changement de paradigme

Les nouveaux programmes marquent une évolution importante :

  • le lexique devient un objet d’enseignement identifié ;
  • des temps spécifiques d’apprentissage sont attendus ;
  • les stratégies de compréhension sont enseignées explicitement ;
  • le réemploi est pensé dans les activités de lecture, d’écriture et d’oral ;
  • l’autonomie lexicale de l’élève devient un objectif explicite.